« Madame la Présidente. La salle est prête. »
Le silence est tombé.
J’ai avancé.
Adrian a blêmi.
« Présidente ? »
Vanessa a éclaté de rire.
« Attendez… cette femme est la présidente ? »
Personne n’a ri avec elle.
Harrison a regardé Vanessa.
« Clara Vaughn est l’actionnaire majoritaire de Vanguard Dominion. Elle détient, directement et par l’intermédiaire de la fondation familiale, la majorité des droits de vote. »
Vanessa a cessé de sourire.
Adrian me fixait.
« Clara… »
Je l’ai regardé calmement.
« Bonsoir, Adrian. »
Il s’est approché.
« Pourquoi tu ne m’as jamais dit ? »
J’ai presque ri.
« Parce que tu ne me l’as jamais demandé. »
Il a secoué la tête.
« Tu m’as laissé croire que tu étais… »
« Pauvre ? »
Il n’a pas répondu.
« Ordinaire ? Sans influence ? »
Toujours rien.
J’ai regardé autour de moi.
« Je voulais savoir si tu resterais lorsque tu n’aurais rien à gagner. »
Sa voix s’est brisée.
« Et tu pensais que j’étais avec toi uniquement pour ton argent ? »
J’ai pensé à la robe dans le barbecue.
Aux sept années de sacrifices.
Aux factures que j’avais payées.
Aux nuits où je travaillais pendant qu’il révisait.
« Je ne le pensais pas. »
Je l’ai regardé droit dans les yeux.
« Je voulais le savoir. »
Harrison s’est avancé avec un dossier.
« Madame Vaughn, avant votre discours, il y a un autre point à régler. »
Adrian a pâli.
« Quel point ? »
Harrison a ouvert le dossier.
« La nomination de Monsieur Carter au poste de vice-président des opérations. »
Un murmure a traversé la salle.
Adrian a regardé autour de lui.
« Mais ma nomination a été approuvée. »
« Elle l’était. »
Harrison a marqué une pause.
« Jusqu’à aujourd’hui. »
Adrian a tendu la main.
« Pourquoi ? »
« Parce que le comité d’éthique a terminé son examen de vos comptes de frais. »
Son visage s’est vidé de ses couleurs.
Je n’étais pas au courant de ce détail.
Harrison non plus ne me l’avait pas encore expliqué.
Il a sorti plusieurs documents.
« Voyages personnels facturés à l’entreprise. Dépenses de restaurant déclarées comme réunions professionnelles. Utilisation d’un véhicule de fonction pour des déplacements privés. Et surtout… »
Il a posé un dernier document sur la table.
« Une recommandation de promotion transmise par un cadre qui avait reçu, deux jours avant, un cadeau d’une valeur inhabituelle. »
Adrian a reculé.
« C’est faux. »
Une voix féminine s’est élevée derrière nous.
« Non. »
Tout le monde s’est retourné.
C’était Vanessa.
Elle tenait son téléphone.
Elle tremblait.
« Adrian m’a demandé de convaincre mon père de soutenir sa nomination. »