Mais il comprit celui-là.
Malo avait peur qu’Inès parte.
Quelques minutes plus tard, Étienne appela finalement un autre médecin.
La docteure Sarah Benhamou arriva moins d’une heure après.
Elle n’avait jamais rencontré Malo.
Elle demanda à Étienne de rester en retrait pendant l’examen.
Il refusa d’abord.
Puis, devant l’insistance de la médecin, il sortit de la pièce.
Inès resta avec Malo.
Quelques minutes plus tard, Sarah sortit.
Son expression avait changé.
— Monsieur Delcourt, il faut que nous parlions.
— Qu’est-ce qu’il a ?
— Il présente une obstruction importante.
Étienne sentit son cœur s’arrêter.
— Une obstruction ?
— Oui.
— Mais il est sourd depuis sa naissance.
La médecin le regarda.
— Je ne peux pas confirmer cela.
Étienne resta immobile.
— Qu’est-ce que vous voulez dire ?
— Je veux dire que les éléments que j’ai pu observer ne permettent absolument pas d’affirmer que votre fils n’a jamais eu la capacité d’entendre.
Le visage d’Étienne se vida de ses couleurs.
— Douze spécialistes ont confirmé son diagnostic.
— Alors douze spécialistes devront expliquer leurs conclusions.
Cette phrase résonna dans le couloir.
Étienne s’appuya contre le mur.
— Vous êtes en train de me dire qu’on s’est trompés pendant huit ans ?
— Je dis que nous devons reprendre tout le dossier depuis le début.
Le lendemain, des examens complémentaires furent réalisés dans une clinique indépendante.
Cette fois, Étienne assista à chaque étape.
Les résultats furent troublants.
Malo présentait bien une atteinte auditive, mais elle ne correspondait pas au diagnostic extrêmement sévère posé lorsqu’il était bébé.
Une partie importante de sa surdité semblait liée à un problème mécanique et inflammatoire chronique qui n’avait jamais été correctement exploré.
Sarah resta prudente.
— Nous ne pouvons pas promettre qu’il entendra normalement.
Étienne hocha la tête.
— Mais ?
— Mais il existe une possibilité réelle d’amélioration.
Étienne ferma les yeux.
Huit années.
Huit années pendant lesquelles il avait cru son fils condamné au silence.
Huit années pendant lesquelles Malo avait peut-être essayé de lui dire quelque chose.
Et personne ne l’avait écouté.
Mais il restait une question.
Pourquoi ?
Pourquoi autant de spécialistes avaient-ils abouti à une conclusion aussi catégorique ?
La réponse apparut quelques jours plus tard.
Sarah demanda les anciens dossiers médicaux.
Certains étaient incomplets.
D’autres comportaient des anomalies administratives.
Et surtout, les examens originaux réalisés après la naissance de Malo n’étaient pas tous présents.
Il manquait plusieurs comptes rendus.
Étienne fit appel à un avocat.
Puis à un expert indépendant.
Le nom du docteur Varenne apparut partout.
C’était lui qui avait coordonné la prise en charge de Malo après la mort de Clémence.