— Vous êtes en train de filmer une passagère sans son accord…

Claire haussa les épaules.

— Si vous n’avez rien à cacher, vous n’avez aucune raison de vous inquiéter.

Quelques passagers détournèrent les yeux.

Salomé resta parfaitement calme.

— Ce n’est pas une question de cacher quelque chose. C’est une question de respect.

Claire eut un sourire froid.

— Le respect commence par respecter les règles.

Elle fit signe à une collègue.

— Faites venir le superviseur.

Salomé ne bougea pas.

Elle regarda simplement l’écran du téléphone de Claire.

Le direct comptait déjà plusieurs centaines de spectateurs.

— Vous devriez arrêter cette vidéo.

— Pourquoi ? Vous avez peur d’être reconnue ?

— Non.

Salomé marqua une pause.

— J’ai peur que votre téléphone enregistre également des personnes qui n’ont rien demandé à cette situation.

Claire ricana.

— Toujours cette façon de parler comme si vous étiez au-dessus des autres.

À cet instant, un homme en uniforme bleu marine entra dans la cabine.

C’était Marc Delattre, responsable de l’escale Première.

— Que se passe-t-il ?

Claire prit immédiatement la parole.

— Cette passagère affirme avoir un billet Première, mais son identité me paraît suspecte. Elle refuse de coopérer.

Marc regarda Salomé.

— Madame, puis-je voir votre carte d’embarquement ?

Salomé la lui tendit.

Il consulta son terminal.

Son visage changea presque immédiatement.

— Madame Caron…

Claire intervint.

— Vous la connaissez ?

Marc ne répondit pas.

Il regarda l’écran.

Puis Salomé.

Puis de nouveau l’écran.

— Oui.

Il inspira.

— Docteure Caron, je suis désolé pour ce malentendu.

Claire fronça les sourcils.

— Quel malentendu ?

Marc se tourna vers elle.

— Madame Caron est bien enregistrée sur le vol 814.

— Je le sais.

— Ce n’est pas tout.

Il baissa légèrement la voix.

— Son billet a été émis directement par la direction générale.

Le sourire de Claire disparut.

Mais elle ne recula pas.

— Et alors ?

Marc hésita.

— Et elle est attendue à New York ce soir par notre comité exécutif.

Un murmure parcourut la cabine.

L’homme du siège 1C baissa lentement son téléphone.

Nora, au 3B, regarda Salomé avec des yeux écarquillés.

Claire resta figée.

— Vous êtes…

Salomé la regarda.

— Salomé Caron.

— La docteure Caron ?

— Oui.

Cette fois, plusieurs passagers comprirent.

Ce nom circulait dans les milieux de l’aviation depuis plusieurs années.

Salomé Caron n’était pas une célébrité.

Elle était plus difficile à voir qu’une célébrité.

Elle intervenait dans les restructurations de compagnies aériennes, les audits de sécurité et les négociations internationales. Elle avait dirigé plusieurs missions indépendantes après des crises majeures et siégeait comme conseillère auprès de différents organismes européens.