Claire resta accroupie devant la trappe.

Le bruit de la voiture s’arrêta devant le portail.

Un moteur coupa.

Puis trois coups furent frappés contre la porte d’entrée.

Elle se releva lentement.

— Il y a quelqu’un ?

Une voix d’homme répondit depuis la cour :

— Claire Martin ?

Elle hésita.

— Oui.

— Je m’appelle Gabriel.

Elle ouvrit.

L’homme qui se tenait devant elle avait une quarantaine d’années. Grand, maigre, les cheveux bruns mouillés par la pluie. Il portait une veste de travail sombre et tenait dans une main un sac de courses.

Il regarda derrière elle.

— Vous avez trouvé la trappe.

Ce n’était pas une question.

Claire sentit immédiatement son méfiance revenir.

— Comment vous savez ça ?

Gabriel soupira.

— Parce que votre grand-père m’a demandé de venir vous aider si vous héritiez un jour du mas.

— Il vous connaissait ?

— Très bien.

Il posa le sac sur la table.

Du pain.

Du fromage.

Des légumes.

Deux bouteilles de lait.

Claire regarda les provisions.

— Vous apportez toujours des courses aux inconnues ?

— Seulement aux petites-filles de Marcel Martin qui arrivent ici sous la pluie en pensant qu’elles peuvent porter seules tout ce que leur grand-père a laissé derrière lui.

Elle resta silencieuse.

— Vous étiez proche de lui ?

Gabriel sourit tristement.

— Il m’a sauvé la vie.

Claire ne répondit pas.

Gabriel s’approcha de la trappe.

— Il m’avait dit que vous trouveriez ça.

— Qu’y a-t-il dessous ?

— Vous voulez vraiment le savoir ?

Elle hocha la tête.

Gabriel sortit une vieille clé de sa poche.

— Alors il faut que ce soit vous qui ouvriez.

Claire prit la clé.

Elle s’agenouilla.

Le cadenas céda avec un bruit sec.

La trappe s’ouvrit.

Une odeur de pierre humide monta du sol.

Un escalier descendait sous la grange.

Gabriel alluma une lampe.

Claire descendit la première.

La pièce souterraine était beaucoup plus grande qu’elle ne l’avait imaginé.

Des étagères occupaient les murs.

Il y avait des couvertures, des boîtes de conserve, des médicaments, des vêtements, des dossiers.

Et sur le mur du fond, une phrase avait été peinte à la chaux :

« Cette maison sauve ceux que le monde abandonne. »

Claire resta immobile.

Sous cette phrase, une seconde inscription était gravée dans la pierre.

« Mais elle ne sauve personne contre son gré. »

Elle regarda Gabriel.

— Qu’est-ce que ça signifie ?

— Votre grand-père ne voulait jamais être un héros.

Gabriel prit une boîte en fer.

— Il disait qu’une maison n’a pas besoin d’être riche pour être utile. Elle doit simplement avoir une porte que quelqu’un peut encore ouvrir.

Il posa la boîte sur une table.

À l’intérieur, Claire trouva des passeports, des lettres, des photos et des copies de documents.