— Où avez-vous trouvé ça ?

— Dans une armoire.

— À qui appartenait-elle ?

Il marqua une pause.

— À ma sœur.

Clémence sentit quelque chose changer dans son regard.

— Elle est où ?

Gabriel reprit son marteau.

— Elle est morte il y a huit ans.

Clémence regretta immédiatement sa question.

— Je suis désolée.

— Moi aussi.

Pendant les jours qui suivirent, elle resta dans cette maison.

Elle aurait pu repartir.

Elle avait un téléphone. Elle connaissait des gens à Lyon. Son père aurait probablement envoyé quelqu’un la chercher.

Mais chaque fois qu’elle pensait à retourner chez elle, elle revoyait Adrien dans cette voiture.

« Je t’ai aimée, mais je dois penser à l’avenir. »

Alors elle resta.

Elle découvrit que Gabriel travaillait comme restaurateur de bâtiments anciens. La maison lui appartenait depuis plusieurs années. Il la rénovait lentement, pièce après pièce.

Il parlait peu.

Mais il remarquait tout.

Quand Clémence avait froid, du bois apparaissait devant le poêle.

Quand elle ne mangeait pas assez, il préparait davantage de soupe.

Quand elle passait des heures à regarder son téléphone, il ne lui demandait jamais qui elle attendait.

Un matin, elle reçut enfin un message.

Adrien.

« Rentre. Tout est arrangé. »

Clémence resta immobile.

Un second message arriva.

« Maman a changé d’avis. Camille ne veut plus du mariage. Nous pouvons reprendre les choses où nous les avons laissées. »

Clémence eut un rire sans joie.

Gabriel leva les yeux.

— Une mauvaise nouvelle ?

— Non.

Elle posa le téléphone.

— Une vieille nouvelle.

Le lendemain, une voiture noire apparut devant la maison.

Adrien descendit.

Clémence sentit son cœur accélérer malgré elle.

Il portait un manteau élégant et tenait un bouquet de fleurs.

— Clémence.

Elle resta sur le seuil.

— Qu’est-ce que tu fais ici ?

— Je viens te chercher.

— Pourquoi ?

— Parce que j’ai fait une erreur.

Elle le regarda longtemps.

— Non, Adrien. Tu as fait un choix.

— Ma mère m’a manipulé.

— Tu étais assez grand pour me laisser sur cette route.

Il baissa les yeux.

— Je regrette.

— Moi aussi.

Il releva la tête.

— Alors viens avec moi.

— Où ?

— À la maison.

Clémence sourit tristement.

— Quelle maison ?

Il resta silencieux.

— Celle de ma famille ?

— Non.

Elle regarda derrière elle.

Gabriel se tenait près de la fenêtre.

Adrien le remarqua.

Son visage changea.

— Qui est cet homme ?

Gabriel ne répondit pas.

Adrien fit un pas.

— Clémence, tu ne peux pas rester ici avec lui.

— Pourquoi ?

— Parce que tu ne sais rien de lui.

Gabriel s’approcha alors.

Pour la première fois depuis leur rencontre, il sembla véritablement en colère.