— Expliquez-vous.

Jeanne posa sa main sur la barre.

— Mon fils m’a dit qu’Inès avait volé la caisse. Je l’ai cru.

Elle regarda Thomas.

— Parce que je suis sa mère.

Sa voix trembla.

— Mais trois jours après l’arrestation d’Inès, j’ai trouvé quelque chose dans mon arrière-boutique.

Elle sortit une petite enveloppe.

— Une clé.

La procureure fronça les sourcils.

— Une clé ?

— Celle de la caméra de surveillance.

Un silence lourd tomba sur la salle.

Thomas devint livide.

Jeanne continua :

— Notre système de vidéosurveillance avait une sauvegarde indépendante. Mon fils le savait. Il m’a dit que le disque dur était cassé. Mais ce n’était pas vrai.

Le président fit signe au greffier.

— Faites remettre la clé USB au tribunal.

La vidéo fut projetée.

Les premières images montraient la librairie à 21 h 14.

Inès rangeait des cartons.

Thomas entra.

Ils parlèrent.

Puis Thomas ouvrit la caisse.

Il prit plusieurs liasses de billets.

Il les glissa dans son propre sac.

Inès apparut derrière lui.

Elle semblait surprise.

Thomas se retourna.

Une dispute éclata.

Le son était faible, mais certains mots étaient compréhensibles.

« Tu ne peux pas faire ça. »

« Tu vas te taire. »

« Je vais prévenir Jeanne. »

Thomas s’approcha d’elle.

Puis il la poussa.

Inès recula.

Il saisit une chaise.

Et la lança contre une étagère.

Les livres tombèrent.

Puis il commença lui-même à renverser les présentoirs.

La salle du tribunal resta muette.

Sur l’écran, Thomas prit ensuite un marteau.

Il frappa la vitrine.

Une fois.

Deux fois.

Trois fois.

Puis il s’arrêta devant la caméra.

Il avait vu l’objectif.

Il le regarda.

Et sourit.

La vidéo s’arrêta.

Personne ne parla.

Le président se tourna lentement vers Thomas.

— Monsieur Leclerc, avez-vous une explication ?

Thomas ne répondit pas.

La procureure demanda immédiatement une suspension.

Mais Jeanne secoua la tête.

— Ce n’est pas tout.

Elle sortit une seconde feuille.

— J’ai aussi trouvé ceci.

Elle la tendit.

Le président la parcourut.

Son expression changea.

— Un contrat d’assurance.

Jeanne hocha la tête.

— Mon fils avait augmenté l’assurance du commerce trois semaines avant l’agression.

Clara Morel se leva.

— Monsieur le président, je demande que cette pièce soit versée au dossier.

— Elle le sera.

Thomas se mit à parler.

— Maman…

Jeanne le regarda avec des yeux pleins de tristesse.

— J’ai voulu te protéger toute ma vie.

Elle essuya une larme.

— Mais protéger son enfant ne signifie pas protéger ses mensonges.

Thomas s’effondra sur sa chaise.

La procureure demanda immédiatement une nouvelle enquête sur les faits.

Le président ordonna que la vidéo soit conservée et transmise au parquet.