Il avait obtenu la réponse qu’il cherchait.
Mais au lieu d’être heureux, il avait honte.
Le lendemain matin, il prit une décision.
Il allait tout lui dire.
Mais avant qu’il n’en ait le temps, Camille l’attendait devant le restaurant.
Elle tenait son téléphone.
— Antoine.
Il s’arrêta.
— Oui ?
— J’ai besoin de te parler.
Il comprit immédiatement.
— Qu’est-ce qu’il y a ?
Elle lui montra l’écran.
Une photo.
Antoine sortait d’un immeuble du Trocadéro.
La photo avait été prise la veille.
Camille avait une expression difficile à lire.
— C’est toi ?
Antoine ne répondit pas.
— Tu habites là ?
Silence.
— Antoine, réponds-moi.
Il ferma les yeux.
— Oui.
Camille recula légèrement.
— Depuis combien de temps ?
— Depuis le début.
Elle pâlit.
— Donc tout était faux ?
— Pas tout.
— Ta voiture ?
— Pas la mienne.
— Ton appartement ?
— Celui-là, oui.
— Ton travail ?
— Je dirige l’entreprise.
Camille le regarda comme si elle ne reconnaissait plus l’homme devant elle.
— Quelle entreprise ?
Il prononça le nom.
Elle resta bouche bée.
Elle connaissait cette société.
Tout le monde dans son entourage connaissait cette société.
— Tu es Antoine Delmas ?
Il hocha la tête.
Camille éclata d’un rire bref.
Pas un rire amusé.
Un rire de déception.
— Tu m’as testée.
— Au début, oui.
— Au début ?
Elle serra son téléphone.
— Et le dîner ?
Antoine baissa les yeux.
— Oui.
— Tu savais que cet argent était pour Lucas.
Il ne répondit pas.
— Tu savais.
— Oui.
Elle ferma les yeux.
— Alors tu ne cherchais pas à savoir si je t’aimais.
Antoine releva la tête.
— Si.
— Non.
Sa voix tremblait.
— Tu cherchais à savoir jusqu’où j’étais prête à me sacrifier pour un homme qui me mentait.
Il resta silencieux.
— Tu m’as laissé prendre l’argent de mon frère.
— Je voulais te rembourser.
— Ce n’est pas la question !
Quelques passants se retournèrent.
Camille baissa la voix.
— Tu aurais pu simplement être honnête.
Antoine sentit la honte lui brûler le visage.
— J’avais peur.
— De quoi ?
— Que tu m’aimes pour mon argent.
Elle le regarda longtemps.
— Alors tu as décidé de me faire payer pour les blessures que quelqu’un d’autre t’avait infligées.
Il n’eut rien à répondre.
Camille partit.
Cette fois, ce fut Antoine qui resta seul.
Pendant plusieurs jours, il ne la revit pas.
Il envoya un message.
Puis un autre.
Elle ne répondit pas.
Il aurait pu insister.
Il ne le fit pas.
Pour la première fois, il comprit qu’une personne n’avait pas à lui pardonner simplement parce qu’il regrettait.
Puis un soir, il reçut un appel.
C’était la mère de Camille.
— Monsieur Delmas ?
— Oui ?
— Je ne sais pas ce qui s’est passé entre vous.