Quelques semaines plus tard, Alexandre invita Élise et Hugo dans son appartement.
Il avait acheté une table ronde.
Élise remarqua immédiatement le détail.
— Pourquoi une table ronde ?
Alexandre sourit.
— Parce qu’une table ronde ne laisse personne au bout.
Hugo posa son dessin sur le réfrigérateur.
Celui du restaurant.
Puis il regarda Alexandre.
— On refait ton anniversaire ?
Alexandre rit.
— Oui.
— Avec un gâteau ?
— Évidemment.
— Et des macarons ?
— Beaucoup trop.
Élise les regarda.
Elle avait encore du mal à croire qu’une famille puisse commencer à quarante et un ans.
Mais Alexandre avait compris quelque chose.
Ce soir-là, il n’avait pas perdu une famille.
Il avait découvert une partie de la sienne.
Et surtout, il avait découvert que la solitude n’était pas toujours l’absence de personnes autour de soi.
Parfois, c’était simplement l’absence de vérité.
Pendant des années, Alexandre avait cru que sa réussite se mesurait au nombre de personnes qui connaissaient son nom.
Ce soir-là, devant une petite table près d’une fenêtre, il avait appris autre chose.
Une famille ne se construit pas avec des invitations parfaites, des restaurants prestigieux ou des apparences impeccables.
Elle commence parfois par trois personnes sous la pluie, une assiette partagée et un enfant qui demande simplement :
« Vous êtes tout seul ? »
Et, pour la première fois de sa vie, Alexandre avait pu répondre honnêtement :
« Plus maintenant. »