Adrien pâlit.
—Qui vous a dit ça ?
—Je l’ai entendu.
Adrien passa une main sur son visage.
—Il y a six ans, mon père est mort. Il avait laissé une partie importante de ses biens à notre mère et à nous deux.
—Et ?
—Après sa mort, certains documents ont changé.
—Vous soupçonnez votre frère ?
—Pendant des années, oui.
Élise comprit alors pourquoi Gabriel était aussi méfiant.
Ils ne se disputaient pas pour une simple question d’héritage.
Quelqu’un avait peut-être passé des années à les dresser l’un contre l’autre.
Quelques jours plus tard, Hélène fit un malaise.
L’hôtel entier fut bouleversé.
Adrien passa la nuit à l’hôpital.
Gabriel aussi.
Pour la première fois, les deux frères restèrent assis dans la même salle sans s’insulter.
Élise attendait dans le couloir.
Vers trois heures du matin, Hélène demanda à les voir.
—Tous les deux.
Adrien entra.
Gabriel le suivit.
Hélène regarda ses fils.
—Je suis désolée.
—Maman, ne parle pas comme ça, murmura Adrien.
—Il est temps.
Elle leur tendit une petite enveloppe.
—J’aurais dû vous la donner il y a longtemps.
Gabriel l’ouvrit.
À l’intérieur se trouvait une photographie ancienne.
Leur père.
Hélène.
Et un troisième homme.
Adrien fronça les sourcils.
—Qui est-ce ?
Hélène répondit :
—Votre oncle Étienne.
Gabriel pâlit.
—Mais il est mort avant papa.
—Non.
Le silence fut total.
—Il a changé de nom, continua Hélène. Et il a travaillé pendant des années avec votre père.
Elle sortit ensuite plusieurs documents.
Des copies de contrats.
Des mouvements financiers.
Des signatures.
Et surtout, une lettre.
Le contenu était simple.
Leur père expliquait qu’il soupçonnait Étienne d’avoir détourné une partie des actifs familiaux et d’avoir falsifié certains documents.
Mais avant de pouvoir agir, il était mort.
Hélène avait découvert la vérité plus tard.
Elle avait alors essayé de protéger ses fils.
Mais quelqu’un avait compris qu’une famille divisée était plus facile à contrôler.
Gabriel regarda Adrien.
—Tu pensais que j’avais volé l’argent.
Adrien secoua lentement la tête.
—Je pensais que tu voulais me dépouiller.
Hélène ferma les yeux.
—C’est exactement ce qu’il voulait.
—Qui ? demanda Gabriel.
Elle regarda la porte.
Puis murmura :
—Votre oncle.
Mais il n’était pas le seul.
Le directeur financier de l’époque avait continué à travailler avec lui.
Et plusieurs documents récents montraient que des sommes avaient encore disparu.
Adrien appela immédiatement leur avocat.
L’enquête commença.
Pendant plusieurs semaines, les comptes furent examinés.
Les documents furent authentifiés.