Mais au bout du couloir, une petite silhouette était apparue.
Camille.
Elle tenait son lapin contre elle.
Elle regardait son père.
Puis Clara.
Puis le bracelet.
Camille ouvrit la bouche.
Aucun son ne sortit.
Victoire sourit presque imperceptiblement.
Elle avait gagné.
Du moins, le croyait-elle.
Le soir, Étienne entra dans la chambre de sa fille.
Camille était assise sur son lit.
— Ma chérie…
Elle ne le regarda pas.
— Clara ne va pas partir tout de suite.
Camille serra son lapin.
Étienne s’assit près d’elle.
— Tu sais quelque chose ?
Camille resta silencieuse.
— Quelqu’un a mis le bracelet dans son sac.
Elle leva brusquement les yeux.
Étienne continua :
— Je vais découvrir qui.
Camille ouvrit la bouche.
— Cla…
Le son mourut.
Étienne lui prit la main.
— Tu peux me le dire.
Mais elle n’y arriva pas.
Il quitta la chambre avec le sentiment d’avoir échoué une nouvelle fois.
Dans le couloir, Victoire l’attendait.
— Il faut la renvoyer.
Étienne la regarda.
— Je n’ai aucune preuve.
— Le bracelet était dans ses affaires.
— Ça ne suffit pas.
Victoire soupira.
— Étienne, tu ne peux pas sacrifier notre mariage pour une employée.
Il ne répondit pas.
Elle ajouta :
— Et puis pense à Camille. Elle a besoin d’un environnement stable.
Étienne se retourna.
— Depuis quand tu sais ce dont ma fille a besoin ?
Victoire se figea.
C’était la première fois qu’il lui parlait ainsi.
Cette nuit-là, Étienne ne dormit pas.
Il regarda les images des caméras de sécurité.
La cuisine.
Le couloir.
La buanderie.
La chambre de Clara.
Rien.
Puis il demanda à son responsable sécurité de vérifier les images sauvegardées automatiquement.
Une heure plus tard, il reçut un message.
« Venez dans mon bureau. Seul. »
Étienne descendit.
Le responsable sécurité lui montra une vidéo.
Victoire entrait dans la buanderie.
Elle regardait autour d’elle.
Puis elle ouvrait le sac de Clara.
Étienne resta pétrifié.
— Depuis combien de temps avez-vous cette vidéo ?
— Depuis hier soir.
— Pourquoi ne pas me l’avoir donnée ?
— J’attendais de vérifier si d’autres éléments existaient.
Il y en avait.
Une deuxième vidéo.
Victoire prenait le bracelet dans le coffre.
Une troisième.
Elle le déposait dans le sac.
Étienne ferma les yeux.
Il sentit quelque chose se briser.
Pas seulement son projet de mariage.
La confiance qu’il avait accordée à une femme qu’il croyait aimer.
Mais le responsable sécurité ajouta :
— Monsieur, il y a autre chose.
Il ouvrit un dossier.
Des virements.
Des factures.
Des sociétés liées à la famille Beaumont.
— Nous avons découvert des paiements vers des sociétés de conseil contrôlées indirectement par Victoire.
Étienne fronça les sourcils.