Thomas ne pouvait plus mentir.

— Oui.

Camille regarda Amélie.

— Mais…

Sa voix se brisa.

— On m’avait dit que vous étiez morte.

Amélie répondit doucement :

— Moi aussi, je l’ai appris récemment.

Camille devint blanche.

Autour d’eux, plusieurs invités commençaient à regarder dans leur direction.

Thomas murmura :

— Amélie, pas ici.

— Je ne suis pas venue faire une scène.

Elle se tourna vers Camille.

— Je suis venue te dire une chose. Je ne t’en veux pas.

Camille semblait incapable de parler.

— On t’a menti sur moi. Ce n’est pas ta faute.

Puis Amélie sortit une petite enveloppe de son sac.

— Mais tu mérites de savoir pourquoi.

Thomas voulut intervenir.

L’avocat posa simplement une main sur son bras.

— Laissez-la terminer.

Amélie tendit l’enveloppe à Camille.

— Ce sont des copies de documents que j’ai retrouvés cette semaine.

Camille l’ouvrit.

Elle lut.

Son expression changea progressivement.

— Qu’est-ce que c’est ?

Amélie répondit :

— Les comptes de la société de mon père.

Camille parcourut les pages.

— Je ne comprends pas.

— Regarde le nom de la société en bas.

Camille le fit.

Puis elle releva brutalement les yeux.

— Delcourt Investissements ?

Thomas ferma les yeux.

Cette société appartenait à la famille de Camille.

Amélie sentit le silence se répandre autour d’eux.

— Mon père avait découvert, huit ans avant sa mort, que plusieurs transferts d’argent passaient entre les deux familles.

Camille regarda Thomas.

— Tu savais ?

— Pas tout.

— Mais tu savais quelque chose.

Thomas resta muet.

Camille tourna les pages.

— Et mon père ?

— Je ne sais pas s’il était directement impliqué, répondit Amélie. C’est justement pour cela que je ne veux accuser personne sans preuve.

Cette phrase surprit même Thomas.

Amélie continua :

— J’ai demandé à un avocat et à un expert-comptable d’étudier les documents. Il y a des mouvements d’argent qui doivent être expliqués.

Camille regarda son fiancé.

— Pourquoi m’avoir caché sa sœur ?

Thomas ne répondit pas.

Alors Amélie le fit à sa place.

— Parce qu’ils pensaient que si je disparaissais de la vie de Thomas, personne ne poserait de questions sur les documents que mon père m’avait confiés.

Camille recula.

— Mon Dieu…

À cet instant, Evelyne arriva.

Elle avait compris que tout était terminé.

— Amélie…

Sa fille se tourna vers elle.

— Pourquoi ?

Evelyne tremblait.

— J’avais peur.

— De quoi ?

— De perdre Thomas. De perdre notre maison. De perdre notre place.

— Alors vous avez décidé de me perdre, moi.

Evelyne ne trouva rien à répondre.

Camille retira lentement sa bague.

Thomas pâlit.

— Camille…

— Je ne peux pas me marier aujourd’hui.

Un murmure parcourut la salle.

Elle regarda les invités.

— Pas parce que quelque chose est arrivé à ma famille.