Des contrats.
Des relevés bancaires.
Des photographies.
Et un acte notarié.
Amélie le prit.
Ses yeux s’écarquillèrent.
— Ce n’est pas possible.
Julien s’approcha.
— Quoi ?
— L’atelier.
Elle lui montra le document.
Thomas avait acheté le terrain huit ans auparavant avec ses économies.
Puis il avait créé une société avec Julien.
Mais le plus important se trouvait sur la dernière page.
En cas de décès de Thomas, ses parts devaient revenir à ses enfants, Gabriel et Lucie, avec Amélie comme administratrice jusqu’à leur majorité.
Le domaine familial n’était pas concerné.
Mais l’atelier, lui, ne leur appartenait pas.
Charles n’avait aucun droit dessus.
— Ton beau-père ne possède rien ici, dit Julien.
Amélie sentit les larmes lui monter aux yeux.
— Pourquoi Thomas ne me l’a jamais dit ?
Julien ouvrit un autre dossier.
— Parce qu’il avait découvert quelque chose.
Une série de virements.
Charles avait retiré de l’argent des comptes du domaine depuis plusieurs années.
Mais l’argent n’était pas utilisé pour entretenir les terres.
Il était transféré vers plusieurs sociétés.
Certaines appartenaient secrètement au frère de Marguerite.
D’autres avaient été créées au nom d’un ancien employé.
Julien posa une photo sur la table.
On y voyait Charles remettre une enveloppe à un homme devant une banque.
— Thomas les avait surpris.
Amélie sentit son ventre se nouer.
— Il savait donc que son père volait l’argent du domaine.
— Oui.
— Et il allait le dénoncer ?
Julien hocha la tête.
— Il devait rencontrer un avocat le lendemain de son accident.
Amélie se figea.
— Quel accident ?
Julien la regarda.
— Celui dans lequel il est mort.
Le silence devint lourd.
Thomas était officiellement mort après avoir perdu le contrôle de sa voiture sur une route mouillée.
Mais dans le dossier, une photographie montrait quelque chose d’étrange.
Une trace noire sur le système de freinage.
Une facture de garage.
Un mécanicien.
Et un nom.
« André Vidal. »
Julien pâlit.
— C’est l’ancien chauffeur de ton beau-père.
Amélie ne dit rien.
Elle comprit alors pourquoi Thomas avait écrit :
« Tout ce que je t’ai caché n’était pas contre toi. C’était pour te protéger. »
Ce soir-là, ils allèrent voir l’avocat indiqué dans les documents.
Maître Renaud était un homme discret d’une soixantaine d’années.
Il connaissait déjà le contenu du dossier.
— Thomas est venu me voir une semaine avant sa mort.
Amélie sentit son cœur se serrer.
— Pourquoi personne ne m’a rien dit ?
— Parce qu’il m’a demandé d’attendre.
L’avocat ouvrit un coffre.
— Il avait déposé ici une seconde partie de ses documents.
Il en sortit un testament.