Pas un testament qui donnait le domaine à Amélie.
Quelque chose de plus important.
Thomas avait reconnu ses enfants comme héritiers de toutes ses parts dans l’atelier et dans plusieurs terrains acquis personnellement.
Mais surtout, il avait prévu une clause.
Si quelqu’un tentait de chasser Amélie du domicile familial ou de la priver de ses enfants, toutes les informations concernant les détournements seraient transmises aux autorités.
Amélie resta silencieuse.
— Il avait prévu ce qui s’est passé.
— Oui.
— Même ma mise à la porte ?
— Il craignait que son père vous accuse d’être responsable de sa mort.
Amélie ferma les yeux.
Tout devenait clair.
Charles ne cherchait pas seulement à la chasser.
Il voulait récupérer les biens de Thomas avant que les documents ne soient découverts.
Mais Thomas avait laissé une porte ouverte.
Une seule.
Et cette porte passait par elle.
Le lendemain, Amélie retourna au domaine.
Pas avec une valise.
Avec un avocat.
Julien marchait à ses côtés.
Gabriel tenait la main de sa sœur.
Charles les attendait dans le grand salon.
— Tu as eu tort de revenir.
Amélie posa calmement les documents sur la table.
— Je ne suis pas revenue demander votre permission.
Charles regarda les papiers.
Son visage changea.
— Où as-tu trouvé ça ?
— Dans l’atelier de mon mari.
Marguerite s’approcha.
— Charles…
— Tais-toi.
Amélie regarda le notaire.
— Vous m’avez dit hier que Thomas ne possédait rien ici.
Le notaire pâlit.
— J’ignorais l’existence de ces documents.
— Je le crois.
Elle lui tendit une copie.
— Mais maintenant, vous les connaissez.
Le notaire les lut.
Puis il releva les yeux.
— Madame Benali a raison.
Charles frappa son bâton contre le sol.
— Cette femme n’a rien à faire ici !
— Au contraire, dit une voix.
Maître Renaud venait d’entrer.
— Elle a tout à faire ici.
Il posa une deuxième chemise sur la table.
— Et vous avez beaucoup à expliquer.
Charles recula.
Les relevés bancaires furent remis aux enquêteurs.
Les sociétés-écrans furent identifiées.
André Vidal fut retrouvé et interrogé.
Après plusieurs heures, il finit par reconnaître avoir été payé pour faire entretenir le véhicule de Thomas dans un garage précis quelques jours avant l’accident.
L’enquête ne conclut pas immédiatement à un meurtre.
Mais elle révéla suffisamment d’irrégularités pour que l’affaire soit rouverte.
Charles fut placé sous contrôle judiciaire.
Marguerite dut répondre aux questions des enquêteurs concernant les transferts d’argent.
Le notaire, lui, reconnut publiquement son erreur et transmit toutes les pièces.
Amélie aurait pu savourer leur chute.
Elle ne le fit pas.
Elle retourna à l’atelier.
Elle s’assit sur le vieux tabouret de Thomas.