Mais il lui manquait encore une preuve.
Une preuve qui expliquerait pourquoi Claire avait accepté si vite de se marier.
Il l’avait trouvée quelques heures avant la cérémonie.
Dans un dossier envoyé par une ancienne connaissance de Julien.
Des virements.
Des sociétés.
Des signatures.
Et surtout, une procuration bancaire au nom de Claire.
Une procuration qu’elle affirmait n’avoir jamais signée.
Mathieu avait immédiatement appelé sa sœur.
Elle n’avait pas répondu.
Puis il avait compris.
Julien avait probablement déjà accès à son téléphone.
Alors Mathieu avait attendu.
Et cinq minutes avant que Claire coupe la pièce montée, il s’était approché d’Élise.
Parce qu’il savait qu’elle était la seule personne que Claire écouterait peut-être encore.
Maintenant, dans le parking presque désert, Élise le regardait fixement.
— Mathieu, parle-moi.
Il inspira.
— Julien n’est pas celui qu’il prétend être.
Élise secoua la tête.
— Ça, je le sais. Tu ne l’aimes pas. Mais ce n’est pas une preuve.
— Ce n’est pas une question de l’aimer.
Il sortit son téléphone.
— Regarde.
Élise prit l’appareil.
Elle vit d’abord un article ancien.
Un homme nommé Julien Mercier avait été poursuivi pour escroquerie dans une affaire impliquant une femme récemment veuve.
Puis un second article.
Une société créée sous un autre nom.
Puis un troisième.
Une plainte classée faute de preuves.
Puis des photographies.
Toujours le même visage.
Toujours un nom différent.
Élise pâlit.
— Mais…
— Il a déjà fait ça.
— Avec qui ?
— Trois femmes.
Un silence.
— Et Claire ?
Mathieu ferma les yeux.
— Claire est la quatrième.
Élise sentit son ventre se nouer.
— Pourquoi personne ne sait rien ?
— Parce qu’il change de société, d’adresse, parfois même de nom. Et parce qu’il choisit des femmes qui ont quelque chose à perdre.
— Claire n’a pas beaucoup d’argent.
— Elle a une maison.
Élise le fixa.
— La maison de maman ?
Mathieu acquiesça.
Après la mort de leurs parents, la maison familiale avait été divisée entre les deux sœurs.
Claire possédait la moitié.
Élise l’autre.
C’était une petite maison de campagne, sans luxe, mais située sur un terrain devenu extrêmement recherché.
Sa valeur avait presque quadruplé en quelques années.
— Julien lui a fait signer quelque chose ?
— Probablement.
— Pourquoi tu ne l’as pas empêché de l’épouser ?
Mathieu eut un sourire triste.
— Parce qu’elle était déjà convaincue que j’étais son ennemi.
Élise baissa les yeux vers le téléphone.