— Et maintenant ?

— Maintenant, il faut faire sortir Claire de cette salle.

Ils retournèrent à l’intérieur.

La musique avait repris.

Les invités riaient.

Claire venait de couper le gâteau.

Julien avait passé un bras autour de sa taille.

Tout semblait parfait.

Élise s’approcha.

— Claire.

Sa sœur se retourna.

— Où étiez-vous ?

— Il faut qu’on parle.

Le sourire de Claire disparut.

— Pas maintenant.

— Si.

Julien intervint immédiatement.

— Claire, laisse-les. C’est probablement encore une inquiétude de Mathieu.

Mathieu le regarda.

— Tu connais mon nom depuis combien de temps ?

Julien sourit.

— Pardon ?

— Je t’ai demandé combien de temps tu connaissais mon nom.

— Claire m’a parlé de toi.

— Elle ne t’a jamais parlé de certains détails.

Le sourire de Julien se figea.

Mathieu sortit une feuille imprimée.

— Comme celui-ci.

Il la tendit à Claire.

Elle lut.

Son visage se vida de sa couleur.

C’était une copie d’une procuration bancaire.

Son nom.

Sa signature.

Une date.

Elle leva les yeux.

— Je n’ai jamais signé ça.

Julien répondit immédiatement :

— Tu as dû oublier.

— Non.

— Claire, tu étais fatiguée à cette époque.

— Je n’ai jamais signé ça.

Sa voix venait de changer.

Pour la première fois depuis le début de la soirée, elle ne cherchait pas à protéger Julien.

Elle le regardait.

Vraiment.

— Julien…

Il posa doucement une main sur son bras.

— On va parler à la maison.

Claire recula.

— Pourquoi ma signature est-elle là ?

Personne ne parlait plus.

Même l’orchestre avait cessé de jouer.

Julien regarda autour de lui.

Puis Mathieu comprit.

Il allait partir.

— Ne le laisse pas partir, dit-il.

Mais Julien avait déjà tourné les talons.

Il traversa la salle.

Mathieu le suivit.

Julien atteignit la sortie.

Deux hommes attendaient dehors.

Pas des invités.

Des hommes en civil.

— Monsieur Mercier ?

Julien s’immobilisa.

— Oui ?

— Police judiciaire.

Son visage changea.

Pour la première fois, il n’avait plus de sourire.

L’un des policiers lui présenta un mandat.

— Nous devons vous accompagner.

Claire resta immobile.

Elle regardait Julien être menotté devant les invités qui, quelques minutes auparavant, l’applaudissaient.

Puis elle se tourna vers Mathieu.

— Tu savais ?

— Pas tout.

— Depuis quand ?

— Depuis hier soir.

Elle baissa la tête.

— Pourquoi tu ne m’as rien dit ?

Mathieu s’approcha.

— Parce que je savais que si je t’attaquais frontalement, tu le défendrais.

Elle eut les larmes aux yeux.

— J’aurais dû t’écouter.

— Non.

Il secoua doucement la tête.

— Tu avais confiance en quelqu’un. Ce n’est pas une faute.

Quelques semaines plus tard, l’enquête révéla l’ampleur des manipulations.

Julien avait utilisé plusieurs identités professionnelles.