Julien lui envoya le document.

Claire ouvrit le fichier.

Son regard se figea.

En bas de la facture figurait le nom :

Morel Conseil & Patrimoine.

La société de Marc.

Son beau-frère.

Claire resta immobile.

Marc n’était pas seulement conseiller en patrimoine.

Il travaillait depuis plusieurs années avec plusieurs entreprises familiales dans le sud de la France.

Et surtout, il avait toujours répété qu’il n’avait aucun lien professionnel avec elle.

Claire ouvrit rapidement son ordinateur.

Elle chercha les informations publiques sur la société.

Puis elle s’arrêta.

Le nom d’un client apparut dans un document récent.

Groupe Valmont.

Ce nom lui disait quelque chose.

Elle fouilla dans ses courriels.

Trois semaines auparavant, un prospect lui avait demandé une proposition de stratégie éditoriale pour une société appelée Valmont Hospitality.

Claire avait travaillé dessus pendant dix jours.

Elle avait proposé une refonte complète de leur communication, une stratégie de contenu internationale et une nouvelle architecture de marque.

Le projet avait été refusé brutalement.

Du moins, c’était ce qu’elle croyait.

Elle ouvrit le dossier.

Son visage changea.

La proposition qu’elle avait envoyée était là.

Mais quelques jours après son envoi, une autre version avait été présentée au client.

Une version presque identique.

Même structure.

Même analyse.

Même stratégie.

Seuls les noms avaient changé.

Et cette version avait été présentée par…

Morel Conseil & Patrimoine.

Claire se redressa.

Elle comprit.

Élodie et Marc ne s’étaient pas contentés de la mépriser.

Ils avaient utilisé son travail.

Depuis combien de temps ?

Elle chercha dans ses anciennes factures.

Puis dans ses contrats.

Puis dans les fichiers envoyés à sa mère.

Et plus elle avançait, plus une étrange évidence apparaissait.

Depuis deux ans, Sylvie recevait régulièrement les présentations professionnelles de Claire.

Pas parce qu’elle s’intéressait à son travail.

Parce qu’elle les transmettait à Élodie.

Et Élodie les transmettait à Marc.

Claire resta longtemps devant l’écran.

Elle aurait pu exploser.

Elle ne le fit pas.

Elle appela simplement son avocat.

— Julien ?

— Oui ?

— J’ai besoin que tu regardes quelque chose.

Le lendemain matin, Claire retourna à Lyon.

Elle ne prévint ni sa mère ni sa sœur.

Elle passa deux jours enfermée dans son appartement à rassembler ses contrats, ses courriels, ses versions de fichiers et les dates d’envoi.

Son avocat confirma ce qu’elle soupçonnait.

— Claire, ce n’est pas seulement une histoire de plagiat moral. Il y a peut-être une utilisation commerciale de tes travaux sans autorisation.

— Et les documents transmis par ma mère ?