— Il faut établir comment ils ont été obtenus et utilisés.
Claire regarda par la fenêtre.
— Je ne veux pas leur faire la guerre.
— Alors que veux-tu ?
Elle réfléchit.
— Je veux simplement qu’ils arrêtent de profiter de moi.
Une semaine plus tard, elle reçut un appel inattendu.
Une femme se présenta comme Sophie Delcourt, directrice générale de Valmont Hospitality.
— Madame Morel, nous avons examiné un dossier qui porte votre nom.
Claire se crispa.
— Lequel ?
— Votre proposition stratégique de juillet.
— Je suis désolée, mais ce projet a été refusé.
— C’est précisément le problème.
Sophie lui expliqua qu’une présentation quasiment identique avait été utilisée ensuite par une société externe.
Le groupe avait lancé un audit interne.
Et certains documents avaient attiré l’attention.
— Nous avons découvert que la personne ayant présenté le projet n’était pas son auteur.
Claire ferma les yeux.
— Vous savez qui l’a présenté ?
— Oui.
Un silence.
— Marc Delorme.
Le mari d’Élodie.
Claire inspira profondément.
— Je vois.
— Nous aimerions vous rencontrer.
Deux jours plus tard, Claire se retrouva dans une salle de réunion à Marseille.
Devant elle se trouvaient Sophie Delcourt, deux responsables juridiques et un directeur financier.
Sur l’écran, sa propre présentation était affichée.
À côté, la version présentée par Marc.
Les différences étaient presque inexistantes.
— Nous avons également retrouvé plusieurs documents similaires, expliqua Sophie.
Claire regarda la liste.
Il y en avait sept.
Sept projets.
Sept dossiers qu’elle croyait simplement « perdus ».
Sept dossiers ensuite utilisés par Marc ou ses partenaires.
Elle sentit sa gorge se serrer.
— Je ne savais pas.
Sophie hocha la tête.
— Nous non plus.
Puis elle posa un contrat sur la table.
— Nous aimerions vous proposer quelque chose.
Claire le lut.
Ce n’était pas un simple paiement rétroactif.
Le groupe voulait lui confier directement la stratégie éditoriale de plusieurs établissements.
Un contrat de trois ans.
Un budget conséquent.
Et surtout, son nom serait clairement mentionné comme auteure et responsable du projet.
Claire resta silencieuse.
— Pourquoi moi ? demanda-t-elle.
Sophie sourit.
— Parce qu’après avoir comparé les travaux, nous avons constaté quelque chose.
— Quoi ?
— La version qui nous a été vendue était propre.
— Et la mienne ?
— La vôtre était meilleure.
Claire ne répondit pas.
Pour la première fois depuis longtemps, quelqu’un évaluait son travail sans lui demander de se comparer à Élodie.
Elle signa quelques jours plus tard.
Pas pour prouver quelque chose à sa famille.
Pour elle.
Mais l’histoire ne s’arrêta pas là.
Lorsque Marc reçut la notification de l’audit, il rentra chez lui furieux.