Jules la regarda.
— Si.
Puis il ajouta :
— Moi, j’ai vu.
Mathieu se figea.
— Vu quoi ?
Le garçon pointa du doigt le couloir.
— La dame qui est venue mardi.
Clarisse pâlit légèrement.
— Quelle dame ?
— Celle qui a mis quelque chose dans la chambre d’Inès.
Le silence devint glacial.
Mathieu se releva lentement.
— Quelle dame ?
Jules hésita.
— Elle avait le même parfum que Clarisse.
Clarisse éclata de rire.
— C’est ridicule.
Mais Mathieu ne riait pas.
Il se souvenait soudain d’une chose.
Depuis plusieurs jours, une caméra de sécurité de l’étage était hors service.
Et personne ne lui avait expliqué pourquoi.
Il appela immédiatement son responsable de sécurité.
— Je veux toutes les vidéos des caméras de cette maison des deux dernières semaines.
— Monsieur, certaines ont été supprimées automatiquement.
— Récupérez-les.
— Je vais essayer.
Deux heures plus tard, il reçut un fichier.
Une seule caméra avait enregistré quelque chose.
Celle du couloir menant aux chambres des enfants.
La vidéo était sombre.
Mais suffisamment claire.
On y voyait Clarisse entrer dans le couloir un mardi à 21 h 14.
Elle regardait autour d’elle.
Puis une seconde femme apparut.
Mathieu se pencha vers l’écran.
La femme portait un manteau beige.
Elle entra dans la chambre d’Inès.
Quelques minutes plus tard, elle ressortit.
Clarisse lui donna quelque chose.
Puis les deux femmes quittèrent le couloir.
Mathieu resta silencieux.
— Agrandissez l’image.
Le technicien le fit.
Le visage de la femme apparut plus clairement.
Mathieu la reconnut.
C’était Sophie Lambert.
L’ancienne assistante personnelle de Clarisse.
Mais ce n’était pas tout.
À la fin de la vidéo, Sophie avait glissé une petite boîte dans le sac d’Inès.
La même boîte qui contenait la montre.
Mathieu sentit la colère lui monter au visage.
— Où est Clarisse ?
Personne ne répondit.
Il monta directement à l’étage.
Clarisse était dans la chambre.
Elle rangeait tranquillement ses bijoux.
— Tu savais que les caméras avaient enregistré toute la scène ?
Elle se retourna.
Son visage changea.
— Quelle scène ?
Mathieu posa l’ordinateur devant elle.
La vidéo démarra.
Clarisse regarda les images.
Elle resta silencieuse.
Puis elle murmura :
— Tu ne comprends pas.
— Explique-moi.
— Je voulais simplement qu’elle parte.
— Tu as accusé une femme innocente de vol.
— Parce qu’elle prenait trop de place.
Mathieu la fixa.
— Trop de place ?
— Dans cette maison, oui !
Sa voix trembla.
— Depuis qu’elle est arrivée, tes enfants ne parlent plus que d’elle. Tu rentres plus tôt. Tu annules des dîners. Tu les emmènes au parc. Tu me compares à elle sans même le dire.
Mathieu secoua la tête.