— Je ne t’ai jamais comparée à elle.
— Justement !
Clarisse avait les larmes aux yeux.
— Parce qu’elle a quelque chose que je n’aurai jamais.
Mathieu attendit.
— Quoi ?
Clarisse répondit d’une voix presque inaudible :
— Ils l’aiment.
Il resta silencieux.
Puis il prit son téléphone.
— Je vais appeler la police.
Clarisse pâlit.
— Mathieu…
— Et je vais retrouver Inès.
— Tu vas détruire notre mariage pour une employée ?
Il la regarda longuement.
— Non.
Il prit la bague de fiançailles posée sur la commode.
— C’est toi qui l’as détruit quand tu as décidé que mes enfants devaient avoir peur pour que toi, tu puisses avoir une place dans leur vie.
Clarisse fondit en larmes.
Mais Mathieu partit.
Il retrouva Inès dans un petit café de Saint-Denis.
Elle avait déjà commencé à chercher un autre travail.
Quand Mathieu entra, elle se leva immédiatement.
— Monsieur Delorme…
— Je suis désolé.
Elle resta silencieuse.
— Je vous ai accusée sans vous écouter.
— Vous aviez des preuves.
— Elles avaient été fabriquées.
Inès baissa les yeux.
— Je sais.
— Pourquoi ne pas me l’avoir dit ?
Elle eut un petit sourire triste.
— Parce que dans votre monde, monsieur, quand une personne comme moi dit qu’elle est innocente, on lui demande surtout de le prouver.
Cette phrase le frappa plus durement que toutes les accusations.
Il lui tendit une enveloppe.
— Ce n’est pas de l’argent pour vous faire revenir.
Elle ne la prit pas.
— Alors quoi ?
— Votre salaire pour le mois. Et une lettre officielle qui reconnaît que vous avez été injustement accusée.
Inès hésita.
— Et les garçons ?
Mathieu baissa les yeux.
— Ils vous réclament tous les jours.
Pour la première fois, Inès sourit.
Elle accepta de revenir.
Mais à une condition.
— Je veux pouvoir partir à dix-huit heures. J’ai besoin de m’occuper de ma mère.
Mathieu répondit immédiatement :
— D’accord.
Il ajouta même :
— Et si vous voulez reprendre une formation, je peux vous aider à aménager vos horaires.
Inès secoua la tête.
— Je veux seulement une chance de travailler honnêtement.
— Alors vous l’aurez.
Quelques jours plus tard, Mathieu fit publier les preuves.
Pas pour humilier Clarisse.
Mais parce qu’il refusait que le nom d’Inès reste associé à un vol qu’elle n’avait jamais commis.
La vidéo fut montrée à la famille, aux proches et aux personnes qui avaient entendu parler de l’accusation.
Elle devint rapidement connue dans certains cercles parisiens.
Clarisse, elle, dut quitter la maison.
Sophie reconnut les faits et expliqua qu’elle avait agi sous la pression de Clarisse.
L’affaire fut transmise aux autorités.
Mathieu, lui, changea beaucoup de choses dans sa maison.
Il supprima certaines règles absurdes.