Des terrains.

Des appartements.

Des parts de sociétés.

Elle avait commencé à poser des questions.

Puis elle avait découvert quelque chose de plus grave.

Une partie des biens de la grand-mère de Laurent avait été placée dans une structure destinée à financer des centres d’accueil pour enfants défavorisés.

Mais cet argent n’était jamais arrivé à destination.

Il avait été utilisé pour financer des acquisitions immobilières.

Laurent tourna les pages.

Puis il trouva une phrase soulignée trois fois.

« La petite fille de Claire est vivante. »

Il s’arrêta.

Sa respiration se coupa.

— Non…

Victoire se tenait derrière lui.

Laurent se retourna.

— Maëlle ?

Victoire baissa la tête.

— Claire avait une sœur de cœur. Une adolescente qu’elle avait rencontrée dans un foyer.

— Sa fille ?

— Oui.

— Pourquoi personne ne m’en a parlé ?

Victoire resta silencieuse.

Laurent comprit.

— Parce que vous l’avez cachée.

— Nous pensions protéger la famille.

— Vous avez abandonné une enfant !

Victoire ne répondit pas.

Laurent sentit quelque chose se briser en lui.

Toutes ces années, il avait cru que sa femme était morte en lui laissant une fille.

Mais Claire avait essayé de lui parler.

Quelqu’un avait simplement empêché le message d’arriver.

Le lendemain matin, Laurent se rendit à l’adresse indiquée dans une vieille lettre.

Une association connaissait Maëlle.

Mais elle n’était plus là.

— Elle est partie hier soir, lui dit la responsable.

— Où ?

— Nous ne savons pas.

Laurent sentit son cœur se serrer.

— Qui est venu la chercher ?

La femme hésita.

— Deux personnes.

— Lesquelles ?

Elle secoua la tête.

— Je n’ai pas le droit de vous donner leur identité sans vérifier certains éléments.

Laurent sortit une photographie.

— Cette petite fille a aidé ma fille hier.

La femme regarda la photo.

Son visage changea.

— Vous êtes Laurent de Vauclerc ?

— Oui.

Elle le fixa longuement.

— Alors vous devriez commencer par vous demander pourquoi une enfant qui vous connaît depuis des années a toujours eu peur de votre nom.

Laurent resta silencieux.

Cette phrase le poursuivit toute la journée.

Pendant ce temps, Victoire tenta de faire disparaître les archives.

Mais elle ne savait pas que Laurent avait déjà transmis plusieurs copies à un notaire indépendant.

Et il découvrit bientôt que le problème dépassait sa sœur.

Des sociétés appartenant indirectement à la famille avaient acheté des immeubles avec des fonds provenant de la fondation.

Certaines opérations remontaient à plus de dix ans.

Et les documents portaient la signature de personnes qui n’avaient jamais reçu les sommes mentionnées.

Laurent appela un avocat.

— Je veux que tout soit vérifié.