— Même si cela implique votre famille ?
Laurent regarda la photographie de Claire.
— Surtout si cela implique ma famille.
Quelques jours plus tard, une femme se présenta à son bureau.
Elle s’appelait Nadia.
Elle avait travaillé autrefois pour la fondation.
— J’ai quelque chose pour vous.
Elle posa une enveloppe sur la table.
À l’intérieur se trouvait une lettre de Claire.
Mais cette fois, elle était adressée à Laurent.
« Si tu lis cette lettre, c’est que tu as enfin commencé à chercher.
Je ne veux pas que tu punisses ma famille.
Je veux seulement que tu protèges les enfants qu’elle a oubliés.
Maëlle n’a pas besoin d’un empire.
Elle a besoin de savoir qu’elle n’a pas été abandonnée parce qu’elle ne valait rien.
Et Élise doit grandir en sachant que sa voix lui appartient.
Pas à notre nom.
Pas à notre fortune.
À elle. »
Laurent pleura longtemps.
Puis il fit quelque chose que personne dans sa famille n’aurait imaginé.
Il convoqua le conseil d’administration.
Devant les dirigeants de son groupe, les avocats et plusieurs membres de sa famille, il annonça :
— Toutes les opérations liées à la fondation seront auditées.
Un administrateur protesta.
— Monsieur de Vauclerc, cela risque de déstabiliser le groupe.
Laurent le regarda.
— Alors le groupe devra supporter les conséquences de ce qu’il a fait.
Victoire entra dans la salle.
— Tu vas vraiment détruire notre famille pour une enfant que tu ne connais même pas ?
Laurent se tourna vers elle.
— Non.
Il marqua une pause.
— Je refuse simplement de continuer à la sacrifier pour préserver notre image.
Les mois suivants furent difficiles.
L’audit révéla plusieurs irrégularités.
Certaines personnes quittèrent leurs fonctions.
Les opérations litigieuses furent transmises aux autorités compétentes.
Laurent vendit volontairement plusieurs actifs personnels afin de restituer des fonds à la fondation.
Il ne chercha pas à cacher le scandale.
Il ne chercha pas non plus à faire de Maëlle une héroïne médiatique.
Il voulait simplement la retrouver.
Un soir d’automne, presque huit mois après le jour du parc Monceau, Laurent reçut un appel.
— Monsieur de Vauclerc ?
— Oui.
— Je crois que nous avons retrouvé Maëlle.
Il arriva une heure plus tard.
Elle était dans un centre d’accueil à la campagne.
Quand elle le vit, elle recula.
Laurent s’arrêta immédiatement.
Il ne s’approcha pas.
— Je ne vais pas te forcer à venir avec moi.
Maëlle le regarda.
— Je veux seulement te dire quelque chose.
Elle resta silencieuse.
— Je suis désolé.
La fillette baissa les yeux.
Laurent continua :
— Je ne savais pas.
Puis il ajouta :
— Mais maintenant que je sais, je ne veux plus jamais utiliser cette excuse.
Maëlle releva lentement la tête.