Camille s’agenouilla avec difficulté.

La terre était dure autour de la boîte, mais une petite partie semblait avoir été retournée récemment.

Elle prit un morceau de bois et gratta doucement.

Après quelques minutes, elle parvint à dégager le couvercle.

La boîte était rouillée.

À l’intérieur, il y avait un vieux foulard bleu, trois clés, une photographie jaunie et une enveloppe enveloppée dans un morceau de toile cirée.

Sur la photographie, une femme âgée se tenait au milieu du verger.

Derrière elle, les orangers étaient couverts de fruits.

Camille regarda l’image plusieurs secondes.

Ce n’était pas le verger mort qu’elle avait devant les yeux.

C’était un verger vivant.

Magnifique.

Au dos de la photographie, une date était inscrite :

1978.

Et juste en dessous :

« Pour celui ou celle qui décidera de marcher encore ici. »

Camille ouvrit l’enveloppe.

L’écriture était fine et tremblante.

Elle lut.

« La terre reconnaît les pas.

Si tu as trouvé cette boîte, c’est que tu es venu ici sans écouter ceux qui disent que tout est fini.

Le verger n’est pas mort.

On l’a laissé mourir.

Ce n’est pas la même chose.

Le puits fonctionne encore. Les canaux existent sous la terre. Les racines profondes attendent simplement qu’on leur redonne de l’eau.

Ne crois pas les hommes qui te diront de tout arracher.

Ils l’ont déjà fait une fois.

Et ils reviendront. »

Camille relut la dernière phrase.

Elle sentit un frisson.

Puis elle retourna la lettre.

Une signature apparaissait au bas de la page.

Élise Ravanel.

La propriétaire précédente.

Camille leva les yeux vers le verger.

— Qu’est-ce que tu voulais protéger, toi ?

Elle ne le savait pas encore.

Mais le lendemain matin, elle commença.

Elle nettoya le puits.

Pas seule.

Un vieux voisin nommé Marcel la trouva avec une pelle entre les mains.

— Vous êtes sérieuse ?

Camille se retourna.

— Oui.

Il regarda son ventre.

— Vous êtes enceinte de sept mois.

— Je sais.

— Et vous voulez remettre ce verger en état ?

— Je vais essayer.

Marcel eut un rire sans méchanceté.

— Ma pauvre fille. Ici, tout le monde a essayé.

— Et pourquoi ça n’a pas marché ?

Le vieil homme haussa les épaules.

— Parce que cette terre est capricieuse.

Camille regarda les arbres.

— Ou parce que personne n’a voulu comprendre comment elle fonctionnait.

Marcel ne répondit pas.

Le lendemain, il revint avec une vieille pelle.

Puis une brouette.

Puis deux heures plus tard, une autre voisine apporta du pain.

Camille travaillait lentement.

Elle ne pouvait plus faire certains mouvements sans avoir mal au dos, alors elle adaptait chaque tâche.